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Espagne: victoire des socialistes de Zapatero aux législatives, la droite progresse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrator   
10-03-2008

MADRID (AFP) - Les socialistes de José Luis Rodriguez Zapatero ont remporté une "nette" victoire aux législatives espagnoles de dimanche en dépit d'une bonne progression de la droite de Mariano Rajoy, après un scrutin une nouvelle fois endeuillé par le terrorisme.

 

Assuré d'un second mandat, M. Zapatero, 47 ans, a célébré "la nette victoire du Parti socialiste", à la majorité relative, devant une foule en liesse de sympathisants massés devant le siège madrilène du PSOE, promettant de gouverner une Espagne "diverse" avec "la main ferme, avec la main tendue".

Selon des résultats partiels presque définitifs, le Parti socialiste (PSOE) a remporté 43,70% des voix et 169 sièges de députés sur un total de 350, soit quatre de plus qu'en 2004.

Mais le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy peut se prévaloir malgré la défaite d'un bon résultat. Il obtient 40,11% de voix (37,71% en 2004) et 154 députés, six de plus que lors de sa défaite surprise de mars 2004, trois jours après le massacre des attentats islamistes de Madrid (191 morts).

"Les Espagnols ont parlé clairement et ont décidé d'ouvrir une nouvelle étape sans crispation, qui exclut la confrontation", a-t-il lancé en allusion à l'opposition systématique et rageuse des conservateurs pendant ses quatre premières années au pouvoir.

"Nous sommes le parti qui a le plus progressé en pourcentage et en sièges", a relevé pour sa part M. Rajoy, 52 ans, devant une foule malgré tout enthousiaste de sympathisants qui l'acclamait au siège du PP.

Le chef de l'opposition a indiqué avoir appelé M. Zapatero au téléphone pour "lui souhaiter bonne chance pour le bien de l'Espagne".

M. Rajoy, qui avait axé sa campagne sur l'inquiétude croissante des Espagnols face au ralentissement économique et à une immigration "incontrôlée", a assuré que le PP continuerait de défendre ses "convictions".

Ces élections ont renforcé plus que jamais l'hégémonie des deux grands partis de gouvernement, au détriment des formations minoritaires.

Les écolo-communistes d'Izquierda Unida et les indépendantistes catalans de gauche d'ERC, alliés parlementaires du gouvernement socialiste ces quatre dernières années, sont les grands perdants de ce scrutin.

Ils chutent respectivement de 5 à 3 sièges et de 8 à 3 sièges, sous le seuil nécessaire de 5 députés pour former un groupe parlementaire.

Le leader d'IU, Gaspar Llamazares, a reconnu son "échec", se disant victime du "tsunami bipartite" d'une campagne électorale "présidentialisée" à outrance. Il a annoncé qu'il ne se représenterait pas en 2012.

Les socialistes de M. Zapatero devront dès lundi rechercher des alliances parlementaires avec certains partis minoritaires.

Ils pourraient théoriquement pouvoir se passer d'une alliance encombrante avec les grands partis nationalistes basque et catalan de centre-droit, le PNV et CiU, grâce au soutien des écolo-communistes et de formations régionalistes galicienne et canarienne.

Le scrutin de dimanche a été marqué par une forte participation d'environ 75%, semblable à celle des élections de 2004 remportées par M. Zapatero, alors chef de l'opposition

Le contexte de ces élections a été bouleversé par l'assassinat attribué à l'organisation indépendantiste basque ETA, d'un ex-élu municipal socialiste, Isaias Carrasco, qui a suscité une vague de réprobation unitaire en Espagne.

La presse conservatrice espagnole avait émis la crainte dimanche que cet assassinat ne provoque un vote de sympathie en faveur de M. Zapatero.

Mais, comme l'estimaient la plupart des commentateurs espagnols, cet assassinat n'a pas fondamentalement influencé un scrutin dont le résultat est conforme aux pronostics des derniers sondages officiels de la campagne électorale de lundi dernier.

Ces derniers avaient vu juste en prédisant une victoire du PSOE avec quatre points d'avance sur un PP en progression.

AFP